Quel avenir pour nos jardins ?

CHANGEMENT CLIMATIQUE

L'élévation régulière de la température de la planète (près de 2°C en 100ans) modifie la répartition des espèces de plantes mais aussi de leurs maladies et des insectes ravageurs.

De nombreuses plantes et espèces d'insectes disparaissent, d'autres se développent....

Comment le jardinier peut-il réagir ?

Le réchauffement, en route depuis le début de l'ère industrielle, s'est accentué à partir du milieu des années 1990. Les arbres fleurissent désormais plus tôt au printemps, de l'ordre d'une dizaine de jours en 30 ans pour les fruitiers, davantage pour d'autres espèces. Selon l'INRA, les dates de semis du maïs ont avancé d'un mois depuis 1970. Les cycles de culture sont un peu plus courts.

Depuis quelques années les figues d'automne mûrissent en Normandie. C'était impensable voilà quelque temps car le figuier a besoin de beaucoup de chaleur et d'une saison chaude suffisamment longue pour que la seconde génération de fruits arrive à maturité.

Il faut s'attendre à des bouleversements dans l'équilibre entre les plantes et leurs ravageurs. Un exemple : la processionnaire du pin a longtemps été cantonnée dans les régions méridionales, mais elle a aujourd'hui envahi tout le territoire.

Le moustique tigre, vecteur de nouvelles maladies en France est apparu dans le midi et continue de s'étendre.

En ce qui concerne les maladies, l'affaiblissement par des accidents climatiques (sécheresse, inondations) plus fréquents ou plus intenses rend les plantes plus vulnérables à l'action des agents pathogènes. Pour nos arbres fruitiers, des printemps globalement plus humides seraient synonymes d'attaques cryptogamiques plus graves. Il semble que l'encre du chêne rouge soit aussi en train de remonter vers le nord. L'oïdium paraît aussi étendre son emprise, en particulier sur la vigne.

Nous perdons nos repères. Depuis toujours, nous choisissons nos plantes en fonction de leur adaptation à l'aire biogéographique où nous jardinons : ''sud de la Loire'', '' climat océanique'', ''zone de la vigne'' ou ''zone de l'olivier''. Un réchauffement de seulement 1°C entraînera un déplacement des zones climatiques d'environ 180 km vers le nord.

Pour nous, l'année jardinière est gravée dans le marbre des dictons et manuels. Nous plantons aujourd'hui les courges et autres plantes sensibles au gel à partir de la mi-mai, exactement comme on le faisait au seizième siècle ! Avec la hausse des températures, nous sèmerons de plus en plus tôt au printemps et profiterons de notre potager plus longtemps à l'automne. Nous pourrons plus facilement laisser les légumes frileux (betteraves, carottes, céleris, choux, navets, salades...) en pleine terre.

Tout jardinier sait choisir espèces et variétés en fonction de leur adaptation au sol et au climat Mais, d'ici à 2050, le chêne vert, arbre méditerranéen, pourrait se rencontrer au nord, et avec lui l'arbousier, l'olivier, le pin d'Alep, le laurier rose...

Par ailleurs, un arbre peut souffrir davantage du froid s'il fait plus chaud : un automne prolongé le maintiendra plus longtemps en végétation, le rendant plus sensible au gel, et un printemps précoce l'exposera davantage aux gelées tardives.

Changement climatique

Le bio et le changement climatique

Le bio est moins vulnérable : selon une étude publiée par ''le Rodale institute'' ( Pennsylvanie, USA) portant sur 23 années de résultats, les systèmes agricoles biologiques seraient moins perturbés que les systèmes conventionnels lors de périodes de sécheresse ou d'inondations. Par ailleurs, la fédération nationale d'agriculture biologique a indiqué une baisse de rendement bien plus limitée chez ses adhérents que chez les agriculteurs conventionnels à la suite de sécheresses fortes.

Le bio contribue moins à l’effet de serre : selon une étude autrichienne publiée en 2000, l'agriculture biologique émettrait 60% de CO2 de moins que l'agriculture conventionnelle. Cela s'explique par le moindre recours aux intrants (engrais, pesticides, carburants, aliments du bétail importés) et par un stockage de carbone dans le sol sous forme d'humus.

Manifestement, il y a plus que jamais un avenir pour les méthodes privilégiant les variétés rustiques et l'adaptation aux différents stress du sol ( couverture de celui-ci, utilisation de matières organiques, gestion fine de l'eau .....).

Joseph Barrais SHM 53

 

Changement climatique et agriculture lightbox

Date de dernière mise à jour : 07/10/2016

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